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 Fascination un petit extre du livre

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x-Cullen-Familly-x
discution avec edward en cours de biologie
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MessageSujet: Fascination un petit extre du livre   Ven 5 Juin - 9:26

1

PREMIÈRE RENCONTRE



Ma mère me conduisit à l'aéroport toutes fenêtres ouvertes. La
température, à Phoenix, frôlait les vingt et un degrés, le ciel était
d'un bleu éclatant. En guise d'adieux, je portais ma chemise préférée,
la blanche sans manches, aux boutonnières rehaussées de dentelle.
J'avais mon coupe-vent pour seul bagage à main.
Il existe, dans la péninsule d'Olympic, au nord-ouest de l'État de
Washington, une bourgade insignifiante appelée Forks où la couverture
nuageuse est quasi constante. Il y pleut plus que partout ailleurs aux
États-Unis. C'est cette ville et son climat éternellement lugubre que
ma mère avait fui en emportant le nourrisson que j'étais alors. C'est
là que j'avais dû me rendre, un mois tous les étés, jusqu'à mes
quatorze ans, âge auquel j'avais enfin osé protester. Ces trois
dernières années, mon père, Charlie, avait accepté de substituer à mes
séjours obligatoires chez lui quinze jours de vacances avec moi en
Californie.
Et c'était vers Forks que je m'exilais à présent – un acte qui m'horrifiait. Je détestais Forks.
J'adorais Phoenix. J'adorais le soleil et la chaleur suffocante. J'adorais le dynamisme de la ville immense.
— Rien ne t'y oblige, Bella, me répéta ma mère pour la énième fois avant que je grimpe dans l'avion.
Ma mère me ressemble, si ce n'est qu'elle a les cheveux courts et le
visage ridé à force de rire. Je scrutai ses grands yeux enfantins, et
une bouffée de panique me submergea. Comment ma mère aimante,
imprévisible et écervelée allait-elle se débrouiller sans moi ? Certes,
elle avait Phil, désormais. Les factures seraient sans doute payées, le
réfrigérateur et le réservoir de la voiture remplis, et elle aurait
quelqu'un à qui téléphoner quand elle se perdrait. Pourtant...
— J'en ai envie, répondis-je.
J'ai beau n'avoir jamais su mentir, j'avais répété ce boniment avec une
telle régularité depuis quelques semaines qu'il eut l'air presque
convaincant.
— Salue Charlie de ma part.
— Je n'y manquerai pas.
— On se voit bientôt, insista-t-elle. La maison te reste ouverte. Je reviendrai dès que tu auras besoin de moi.
Son regard trahissait cependant le sacrifice que cette promesse représentait.
— Ne t'inquiète pas. Ça va être génial. Je t'aime, maman.
Elle me serra fort pendant une bonne minute, je montai dans l'avion, elle s'en alla.
Entre Phoenix et Seattle, le vol dure quatre heures, auxquelles s'en
ajoute une dans un petit coucou jusqu'à Port Angeles, puis une jusqu'à
Forks, en auto. Autant l'avion ne me gêne pas, autant j'appréhendais la
route en compagnie de Charlie.
Charlie s'était montré à la hauteur. Il avait paru réellement heureux
de ma décision – une première – de venir vivre avec lui à plus ou moins
long terme. Il m'avait déjà inscrite au lycée, s'était engagé à me
donner un coup de main pour me trouver une voiture¹. Mais ça n'allait
pas être facile. Aucun de nous n'est très prolixe, comme on dit, et je
ne suis pas du genre à meubler la conversation. Je devinais qu'il était
plus que perturbé par mon choix – comme ma mère avant moi, je n'avais
pas caché la répulsion que m'inspirait Forks.
Quand j'atterris à Port Angeles, il pleuvait. Je ne pris pas ça pour un
mauvais présage, juste la fatalité. J'avais d'ores et déjà fait mon
deuil du soleil. Sans surprise, Charlie m'attendait avec le véhicule de
patrouille. Charlie Swan est le Chef de la police, pour les bonnes gens
de Forks. Mon désir d'acheter une voiture en dépit de mes maigres
ressources était avant tout motivé par mon refus de me trimballer en
ville dans une bagnole équipée de gyrophares bleus et rouges. Rien de
tel qu'un flic pour ralentir la circulation.
Charlie m'étreignit maladroitement, d'un seul bras, lorsque, m'approchant de lui, je trébuchai.
— Content de te voir, Bella, dit-il en souriant et en me rattrapant
avec l'aisance que donne l'habitude. Tu n'as pas beaucoup changé.
Comment va Renée ?
— Maman va bien. Moi aussi, je suis heureuse de te voir, papa.
Devant lui, j'étais priée de ne pas l'appeler Charlie.
Je n'avais que quelques sacs. La plupart des vêtements que je portais
en Arizona n'étaient pas assez imperméables pour l'État de Washington.
Ma mère et moi nous étions cotisées pour élargir ma garde-robe d'hiver,
mais ça n'avait pas été très loin. Le tout entra aisément dans le
coffre.
— Je t'ai dégoté une bonne voiture, m'annonça Charlie une fois nos
ceintures bouclées. Elle t'ira comme un gant. Pas chère du tout.
— Quel genre ?
Son besoin de préciser qu'elle m'irait comme un gant au lieu de s'en tenir à « une bonne voiture » m'avait rendue soupçonneuse.
— En fait, c'est une camionnette à plateau. Une Chevrolet.
— Où l'as-tu trouvée ?
— Tu te rappelles Billy Black de La Push ?
La Push est la minuscule réserve indienne située sur la côte.
— Non.
— Il s'en servait pour aller pêcher, l'été.
Ce qui expliquait pourquoi je ne m'en souvenais pas. Je suis plutôt
douée pour gommer de ma mémoire les détails aussi inutiles que
douloureux.
— Il est cloué sur un fauteuil roulant, maintenant, continua Charlie,
il ne peut donc plus conduire. Il m'en a demandé un prix très
raisonnable.
— De quelle année date-t-elle ?
Rien qu'à son expression, je compris qu'il avait escompté couper à cette question.
— Euh, Billy a sacrément bricolé le moteur... Elle n'est pas si vieille que ça, tu sais.
Il ne pensait quand même pas que j'allais renoncer si facilement ? Je ne suis pas cruche à ce point-là.
— Il l'a achetée en 1984, me semble-t-il, enchaîna-t-il.
— Neuve ?
— Euh, non. Je crois que c'est un modèle du début des années soixante,
avoua-t-il, piteux. Ou de la fin des années cinquante. Mais pas plus.
— Char... Papa, je n'y connais rien en mécanique. Je serai incapable de
la réparer s'il arrive quoi que ce soit, et je n'ai pas les moyens de
payer un garagiste...
— T'inquiète, Bella, cet engin est comme neuf. On n'en fabrique plus des comme ça, aujourd'hui.
« Cet engin... » Ça promettait !
— C'est quoi, pas chère ?
Après tout, c'était la seule chose sur laquelle je ne pouvais me permettre de me montrer difficile.
— Euh, laisse-moi te l'offrir, chérie. Une sorte de cadeau de bienvenue.
Charlie me jeta un coup d'œil plein d'espoir.
Une voiture gratuite. Rien que ça !
— Tu n'es pas obligé, papa. J'avais prévu d'en acheter une.
— Fais-moi plaisir. Je veux que tu sois heureuse, ici.
Il se concentrait de nouveau sur la route. Charlie a du mal à exprimer
ses émotions. Difficulté dont j'ai hérité. C'est donc en fixant moi
aussi le pare-brise que je répondis.
— C'est vraiment très gentil, papa. Merci. C'est un cadeau formidable.
Inutile de lui préciser qu'être heureuse à Forks relevait de
l'impossible. Il n'avait pas besoin de souffrir avec moi. À cheval
donné, on ne regarde pas la bouche. Pas plus qu'on ne regarde le moteur
d'une camionnette qu'on n'a pas payée.
— Euh, de rien, marmonna-t-il, gêné.
Nous échangeâmes encore quelques commentaires sur le temps – humide –,
et la discussion s'en tint là. Ensuite, nous contemplâmes le paysage.
Magnifique, il me fallait en convenir. Tout était vert : les arbres,
leurs troncs couverts de lichen, leurs frondaisons dégoulinantes de
mousse, le sol encombré de fougères. Même l'air qui filtrait à travers
les feuilles avait des reflets verdâtres. Une overdose de verdure
– j'étais chez les Martiens.
Nous finîmes par arriver chez Charlie. Il vivait toujours dans la
maisonnette de trois pièces achetée avec ma mère aux premiers (et
seuls) jours de leur mariage. Devant ce logis immuable était garée ma
nouvelle – pour moi – voiture. D'un rouge délavé, elle était dotée
d'ailes énormes et bombées ainsi que d'une cabine rebondie. À ma plus
grande surprise, j'en tombai amoureuse. J'ignorais si elle roulerait,
mais je m'y voyais déjà. De plus, c'était une de ces bêtes en acier
solide qui résistent à tout, de celles qui, en cas de collision, n'ont
pas une égratignure alors que le véhicule qu'elles ont détruit gît en
pièces détachées sur le sol.
— Elle est géniale, papa ! Je l'adore ! Merci !
La journée abominable qui m'attendait le lendemain en serait d'autant
moins atroce. Pour aller au lycée, je n'aurais pas à choisir entre une
marche de deux kilomètres sous la pluie ou une virée dans la voiture de
patrouille du Chef Swan.
— Ravi qu'elle te plaise, bougonna Charlie, embarrassé par mon expansivité.
Je ne mis pas longtemps à transporter mes affaires à l'étage. J'avais
la grande chambre à l'ouest, celle qui donnait sur la façade. Elle
m'était familière, ayant été mienne depuis ma naissance. Le plancher,
les murs bleu clair, le plafond incliné, les rideaux de dentelle jaunie
à la fenêtre – tout cela appartenait à mon enfance. Les seuls
changements opérés par Charlie au fur et à mesure que j'avais grandi
avaient consisté à remplacer le berceau par un lit puis à ajouter un
bureau. Sur ce dernier trônait désormais un ordinateur d'occasion, la
ligne du modem agrafée le long de la plinthe jusqu'à la prise de
téléphone la plus proche. Une exigence de ma mère, histoire de garder
plus facilement le contact. Le rocking-chair qui avait bercé ma prime
jeunesse était toujours dans le même coin.
Il n'y avait, sur le palier, qu'une petite salle de bains que je
devrais partager avec Charlie, une perspective à laquelle je m'efforçai
de ne pas trop penser.
Charlie a une grande qualité : il n'embête pas les gens. Il me laissa
donc m'installer tranquillement, un exploit dont ma mère aurait été
incapable. Je fus contente de cet instant de solitude pendant lequel je
n'avais ni à sourire ni à afficher un air béat. Je pus contempler à
loisir la pluie battante ; découragée, je m'autorisai même quelques
larmes. Je n'étais cependant pas d'humeur à pleurer pour de bon. Je
gardais ça pour l'heure du coucher, lorsque je devrais songer au matin
suivant.


1. Aux États-Unis, les jeunes peuvent conduire dès l'âge de seize ans. (Toutes les notes sont du traducteur.)

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MessageSujet: Re: Fascination un petit extre du livre   Ven 5 Juin - 17:02

Très bonne idée d'avoir mis un extrait !
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MessageSujet: Re: Fascination un petit extre du livre   Ven 5 Juin - 17:39

merci ^^

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MessageSujet: Re: Fascination un petit extre du livre   

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